Picasso Fontainebleau
Au cours de l'été 1921, sur le mur ouest de son atelier de fortune situé dans un garage à Fontainebleau, en France, Pablo Picasso peignit côte à côte deux tableaux de grande taille et étonnamment différents. À gauche était accroché son tableau classicisant intitulé « Trois Femmes à la fontaine », longtemps associé au « retour à l'ordre » de l'après-Première Guerre mondiale. À sa droite, Picasso travaillait sur l'une des deux versions de « Trois Musiciens », souvent décrite comme l'aboutissement de son style cubiste d'avant-guerre. La dissonance visuelle de ce jumelage est encore capable de choquer. Pourtant, un examen attentif de la manière dont Picasso manipulait les matériaux, de ses installations d'atelier et de sa compréhension fluide du style, révèle que ces deux œuvres apparemment incompatibles ont plus en commun qu'il n'y paraît, tout comme d'autres œuvres monumentales sur toile, de petits tableaux, des dessins au trait, des gravures et des pastels qu'il a créés à Fontainebleau au cours de son bref séjour de trois mois.
Publié pour accompagner une exposition qui réunit « Trois Femmes à la fontaine » et « Trois Musiciens » avec la production riche et variée issue du séjour de Picasso à Fontainebleau, ce catalogue richement illustré, comprenant des photographies et des documents d'archives inédits, propose une introduction de la commissaire Anne Umland et 15 essais basés sur les objets, coécrits par des historiens de l'art et des conservateurs.



